La DE TOMASO Deauville est de retour

« Des fessées qui se perdent… »

Vous vous souvenez au moins la PANTERA de 1970. Cet énorme batracien campé sur les pneus les plus larges du marcher était le symbole de la voiture de sport sans concession. Dessinée par Tom Tjaarda de chez GHIA, la PANTERA était une belle italienne dotée d’un énorme moteur FORD. Puissantes, explosives, rageuses et très intimidantes, les DE TOMASO représentaient une légende. Lorsque Alejandro De Tomaso décède en 2003, la marque ne lui survie pas. Elle est placée en liquidation et un italien venant des télécom s’en empare lors de la vente aux enchères. Pour mieux la faire revivre, il se lie avec PININFARINA.


Sortir une sportive superlative en ce moment n’est peut-être pas très stratégique. D’autant que la marque a déjà assez souffert dans son passé de ses productions confidentielles. Il faut frapper fort, là où il y a de la demande. La nouvelle DE TOMASO sera donc un SUV. Elle est fin prête, elle s’appelle DEAUVILLE voici enfin ses toutes premières photos.



Historiquement, on aime DE TOMASO ou on n’aime pas. A part les lignes superbes et consensuelles de la MANGUSTA, il faut bien avouer que les nombreuses créations de la marque laissaient rarement indifférents. Avec du recul et avec la beauté surannée qu’acquiert une auto en vieillissant, je trouve aujourd’hui la première DEAUVILLE de 1971 très belle. Je dois toutefois reconnaitre qu’il y a vingt ans, son design laissait dubitatif. Je ne parlerai même pas du coupé LONGCHAMP qui n’a carrément rien de ce que l’on attend d’une belle voiture. Bref, les autos à 4 portes n’ont jamais été le fort de la marque.

En découvrant les photos de la nouvelle DEAUVILLE, j’ai bien peur que la malédiction ne soit pas terminée. Aïe aïe aïe quel malheur !



On ne peut pas lui reprocher d’être bâclée, ce n’est pas du tout çà, les détails sont travaillés. Non, il s’agit plus du style global. A vouloir faire un SUV sans réellement verser dans les atours habituels du 4×4, on se retrouve avec une figure hésitante, à mi-chemin entre une berline ramassée, et un SUV qui n’ose pas s’affirmer. Le résultat est une auto dont on ne saurait dire si elle est exclusive ou non, un peu haut-perchée et qui semble appartenir à une gamme à rallonge d’un constructeur américain.

Certes elle tentait bien de mimer un peu l’avant d’une ASTON MARTIN, mais l’arrière manque vraiment de personnalité. Les porte-à-faux sont mal équilibrés. De profil, on croirait presque que la carrosserie vient d’être déposée sur un châssis qui ne lui ait pas adaptée.


A l’intérieur en revanche cela ne fait aucun doute, nous sommes bien dans une automobile d’exception. Le traitement des sièges est très poussé, les coutures croisées sont du plus bel effet. Les places arrière disposent de tout un tas de commandes et gadgets. Même les appuie-têtes reçoivent l’emprunte du nouveau logo DE TOMASO, par ailleurs très réussi.

Sous le capot, plus de gros bloc américain. Fini le gros Cleveland et ses 5.7L. On comprendra facilement qu’un tournant à ce niveau était totalement justifié par les temps qui courent. La DEAUVILLE se dote d’un V6 turbo à double arbre de 2.8L. Avec 300ch (à 5500 tr/min) couplés à une boite auto 6 rapports et à une transmission intégrale, elle ne manque pas d’atouts. 6.7 Secondes suffisent pour atteindre les 100km/h et la DEAUVILLE est capable de « croiser » à plus de 250km/h. Pas mal pour un bateau de plus de 5 mètres de long.



Je suis un peu déçu, même si j’ai toute confiance dans la marque et que je sais qu’elle saura s’améliorer. C’est une belle auto mais il me semble qu’avec le patrimoine de la marque, l’équipe design mériterait peut-être une petite fessée pour le principe! J’espère seulement que tout le monde ne sera pas de mon avis et qu’elle pourra se vendre largement et péréniser l’histoire du constructeur.

Sur le même thème

  1. ALPINA B5 Biturbo 2011
  2. PEUGEOT 3008 HYbrid4
  3. La nouvelle AUDI A6 de 2011
  4. Nouvelle PAGANI HUAYRA
  5. Nouvelle VOLKSWAGEN JETTA 2011

Laisser un commentaire

Edito
"L'auto de week-end". les passionnés connaissent bien cette expression. Qu'elle soit de sport, ancienne ou tout simplement spéciale à nos yeux, nous aimons nous mentir à nous-même et dire de notre auto-plaisir qu'on l'utilise tous les week-end. A bien y réfléchir, en plus des jours de repos, nos autos doivent souvent attendre la belle saison pour avoir réellement le droit de sortir un peu. Quand l'hiver arrive, on sait d'expérience qu'une inévitable hibernation mécanique va commencer, et çà rend un peu triste.

Mais cette année le calendrier se bouscule pour maintenir notre moral au beau fixe. EPOQU'AUTO, GENEVE, RETROMOBILE, LE MANS CLASSIC, un programme chargé de surprises pour surmonter l'hiver tout en douceur.

Au plaisir de vous y croiser

Anciennes & Collection
Moteur TROUVAUTO
Avec notre partenaire GTLIENS.com
Les Partenaires
La boutique TTA
Les Petites Annonces